Dans cet article
- Les Hauts-de-Seine nord conservent plus d’une dizaine de cités ouvrières et ensembles HBM édifiés entre 1895 et 1939, répartis sur Gennevilliers, Asnières, Colombes et Villeneuve-la-Garenne
- La cité-jardins Henri-Sellier de Gennevilliers, construite entre 1923 et 1933, est l’un des plus grands ensembles HBM d’Île-de-France avec près de 1 700 logements à l’origine
- La visite libre est gratuite toute l’année ; des visites guidées sont organisées lors des Journées du Patrimoine et ponctuellement par les services municipaux (tarif libre ou 5 à 8 €)
- Comptez 2 h 30 à 3 h de marche pour un circuit complet reliant les principaux groupes HBM de Gennevilliers, ou une demi-journée en intégrant Asnières et Colombes
- Le tramway T1 et la ligne 13 du métro desservent l’ensemble du parcours ; un stationnement gratuit existe à proximité du parc des Chanteraines
- Plusieurs façades portent encore des décors en briques polychromes et céramiques vernissées caractéristiques de l’architecture sociale de l’entre-deux-guerres
Sommaire
- Aux origines du logement social dans la boucle de Seine
- La cité-jardins de Gennevilliers : l’héritage Henri Sellier
- Les HBM d’Asnières et Colombes : ensembles remarquables
- Architecture, matériaux et décoration des cités ouvrières
- Itinéraire de visite : circuit pratique à pied ou à vélo
- Tableau comparatif des principales cités ouvrières
- Informations pratiques : accès, horaires et conseils
- Patrimoine vivant : enjeux de préservation et réhabilitation
Aux origines du logement social dans la boucle de Seine
J’arpente les rues de Gennevilliers et de ses voisines depuis plus de quinze ans, carnet en main, et je ne me lasse pas de redécouvrir les traces de cette aventure architecturale et sociale qu’a été la construction des Habitations à Bon Marché. Pour comprendre pourquoi les Hauts-de-Seine nord concentrent autant de cités ouvrières, il faut remonter à la fin du XIXe siècle, quand la boucle de Seine s’est transformée en un formidable bassin industriel.
Dès les années 1880, les usines s’implantent le long du fleuve et des canaux : chimie à Gennevilliers, métallurgie à Colombes, construction automobile à Asnières. La population ouvrière afflue, mais les conditions de logement sont désastreuses. En 1894, la loi Siegfried pose les premières bases du logement social en France, suivie de la loi Bonnevay de 1912 qui crée les offices publics d’HBM. C’est dans ce contexte que naissent les premiers projets de cités ouvrières dans notre boucle de Seine.
Les communes industrielles du nord des Hauts-de-Seine deviennent alors un laboratoire du logement populaire. Les municipalités, souvent dirigées par des maires engagés dans la question sociale, collaborent avec l’Office public d’HBM du département de la Seine, fondé en 1915 et dirigé par Henri Sellier à partir de 1919. Ce dernier va marquer durablement le paysage urbain de notre territoire. Si vous avez déjà visité le vieux centre de Gennevilliers, vous avez sans doute remarqué le contraste saisissant entre le bâti rural ancien et les ensembles de logements sociaux qui l’entourent : c’est précisément cette juxtaposition qui raconte l’histoire de la transformation industrielle.
Je tiens à préciser que les HBM ne sont pas des « HLM » au sens contemporain. Le terme, utilisé de 1894 à 1950, désigne une démarche pionnière où l’on construisait non seulement des logements, mais de véritables morceaux de ville, avec équipements collectifs, espaces verts, écoles et commerces intégrés. C’est cette ambition totale qui rend ces ensembles si passionnants à visiter aujourd’hui.

La cité-jardins de Gennevilliers : l’héritage Henri Sellier
La cité-jardins de Gennevilliers est sans conteste le joyau patrimonial de notre territoire en matière de logement social historique. Édifiée entre 1923 et 1933 sous la direction d’Henri Sellier, elle s’étend sur environ 25 hectares dans le quartier du Luth et ses abords. J’y retourne au moins deux fois par an, à chaque saison, car la lumière et la végétation transforment radicalement la perception des lieux.
Le projet initial prévoyait près de 1 700 logements organisés selon les principes de la cité-jardins à l’anglaise, adaptés au contexte francilien. Les architectes Félix Dumail et Ernest Bertrand ont conçu un plan d’ensemble remarquable, mêlant petits immeubles collectifs de trois à quatre étages et maisons individuelles en bande avec jardins privatifs. Les rues courbes, les placettes plantées d’arbres et les perspectives soigneusement étudiées créent une atmosphère villageoise qui surprend encore les visiteurs.
Ce qui me frappe à chaque visite, c’est la qualité des détails architecturaux. Les façades en meulière et brique présentent des jeux de couleurs subtils : brique rouge pour les encadrements de fenêtres, brique jaune pour les bandeaux décoratifs, pierre de taille pour les soubassements. Les toitures en tuiles mécaniques, souvent agrémentées de lucarnes, donnent une silhouette pittoresque à l’ensemble.
Henri Sellier, que l’on surnommait le « père des cités-jardins », avait une vision globale : chaque cité devait intégrer des équipements collectifs. À Gennevilliers, on trouvait à l’origine une école, un dispensaire, des bains-douches, un terrain de sport et même une coopérative d’achat. Certains de ces équipements sont encore visibles, même s’ils ont changé de fonction. Le dispensaire, par exemple, abrite aujourd’hui un centre de santé municipal.
Pour relier cette visite au patrimoine industriel qui l’a engendrée, je recommande de poursuivre vers le site des anciennes usines Chausson, à quinze minutes à pied. Les ouvriers de Chausson figuraient parmi les premiers locataires de la cité-jardins : c’est un lien direct entre le lieu de travail et le lieu de vie.
Les HBM d’Asnières et Colombes : ensembles remarquables
Si Gennevilliers possède la cité-jardins la plus vaste, les communes voisines recèlent des ensembles tout aussi intéressants sur le plan architectural. J’ai consacré plusieurs mois à les inventorier et à les photographier systématiquement.
À Asnières-sur-Seine, le groupe HBM de la rue Henri-Poincaré et de la rue des Bas, construit entre 1928 et 1931, constitue un bel exemple d’habitat social de l’entre-deux-guerres. L’ensemble comprend environ 320 logements répartis dans des immeubles de quatre étages en brique rouge, organisés autour de cours intérieures plantées. Les façades présentent des frises en céramique vernissée bleu et blanc, typiques de la production des ateliers Gentil et Bourdet, fournisseurs attitrés de l’OPHBM de la Seine. Ces décors, que l’on retrouve sur de nombreux immeubles HBM parisiens, sont ici particulièrement bien conservés.
Toujours à Asnières, le quartier de la cité Leurovilla, datant de 1912, représente un modèle plus ancien de cité ouvrière patronale. Commandée par un industriel local, elle se compose de petites maisons mitoyennes en meulière avec jardinets, sur le modèle des corons du nord de la France. C’est un témoignage rare dans notre département.
À Colombes, l’ensemble HBM le plus notable se trouve dans le quartier de la Petite-Garenne, édifié entre 1925 et 1934. Près de 600 logements y furent construits sous la direction de l’architecte Germain Dorel. La particularité de cet ensemble réside dans ses portiques d’entrée monumentaux en brique et béton, ornés de bas-reliefs représentant des scènes de la vie quotidienne ouvrière. J’ai compté sept portiques différents ; chacun mérite qu’on s’y arrête pour observer les détails sculptés.
Moins connue, la cité ouvrière de Villeneuve-la-Garenne, plus modeste en taille, date des années 1930. Elle témoigne de l’extension du mouvement HBM aux communes plus petites de la boucle de Seine. Quelques pavillons d’origine subsistent le long de la rue Jean-Jaurès, reconnaissables à leurs linteaux en brique bicolore et à leurs volets en bois peint.

Architecture, matériaux et décoration des cités ouvrières
L’un des aspects les plus passionnants de ces cités est la richesse de leur vocabulaire architectural. Contrairement à une idée reçue, le logement social de l’entre-deux-guerres n’était pas monotone ; les architectes y déployaient au contraire une inventivité décorative remarquable, dans les limites d’un budget contraint.
Le matériau roi des HBM des Hauts-de-Seine nord est la brique. On la trouve sous toutes ses formes : brique pleine rouge pour les structures, brique de parement jaune ou flammée pour les décors, brique silico-calcaire blanche pour les contrastes. Les architectes jouaient sur les appareillages (la manière de disposer les briques) pour créer des motifs géométriques en façade, sans surcoût significatif. À Gennevilliers, j’ai relevé au moins six types d’appareillages différents sur la seule cité-jardins.
La meulière, pierre locale extraite des carrières d’Île-de-France, est l’autre matériau caractéristique. Sa surface irrégulière et sa couleur dorée apportent une chaleur que le béton brut n’aura jamais. On la retrouve notamment dans les maisons individuelles de la cité-jardins de Gennevilliers et dans les pavillons ouvriers d’Asnières.
Les éléments décoratifs méritent une attention particulière. Les céramiques vernissées constituent le décor le plus spectaculaire : frises florales, motifs géométriques, cartouches portant le sigle « OPHBM » ou la date de construction. Ces céramiques, fabriquées dans les ateliers spécialisés de Choisy-le-Roi ou de Boulogne-Billancourt, étaient posées à des emplacements stratégiques ; au-dessus des porches, sous les corniches, autour des fenêtres des cages d’escalier.
Les ferronneries sont un autre élément à ne pas manquer. Rampes d’escalier, garde-corps de balcons, grilles de ventilation : chaque détail était dessiné avec soin. Les motifs Art déco, géométriques et stylisés, dominent dans les ensembles des années 1930. J’ai repéré à Colombes des garde-corps en fer forgé avec des motifs de soleil levant, symbole de l’espoir social porté par ces constructions.
Enfin, l’aménagement paysager faisait partie intégrante du projet. Les cités-jardins intégraient des espaces verts communs, des alignements d’arbres et des jardins ouvriers. À Gennevilliers, certains platanes centenaires plantés dans les années 1920 bordent encore les allées de la cité-jardins, offrant un cadre verdoyant que l’on peut prolonger par une visite du parc des Chanteraines, situé à moins de dix minutes à pied.
Itinéraire de visite : circuit pratique à pied ou à vélo
Voici le circuit que je recommande pour une première découverte complète. Je l’ai testé et chronométré à plusieurs reprises ; il fonctionne aussi bien à pied qu’à vélo, grâce aux aménagements cyclables récents. Pour les itinéraires vélo le long de la Seine, vous pouvez combiner cette balade patrimoniale avec une boucle fluviale.
Départ : station Les Courtilles (métro ligne 13). En sortant de la station, prenez la rue Paul-Vaillant-Couturier vers le sud-est. Après environ 400 mètres, vous atteignez les premiers immeubles de la cité-jardins de Gennevilliers. Longez la rue Félicie pour observer les maisons individuelles en bande avec leurs jardins. Bifurquez rue du 8-Mai-1945 pour voir les immeubles collectifs et leurs façades en brique polychrome.
Étape 2 : le cœur de la cité-jardins. Rejoignez la place principale de la cité, où se trouvaient les commerces coopératifs et le dispensaire. Observez la composition urbaine en étoile, avec les rues qui convergent vers ce centre. Les bâtiments les plus décorés se trouvent ici, avec des céramiques vernissées encore en bon état. Comptez environ 45 minutes pour cette première partie.
Étape 3 : vers le vieux centre. Poursuivez vers le vieux centre de Gennevilliers par la rue Jean-Lolive. Le contraste entre la cité-jardins et le noyau villageois est saisissant. Faites un détour par l’église Sainte-Marie-Madeleine, qui constitue un excellent point de repère historique pour comprendre l’évolution du tissu urbain.
Étape 4 : les HBM isolés. En remontant vers le nord par l’avenue Gabriel-Péri, vous passerez devant plusieurs groupes HBM plus tardifs (années 1930), reconnaissables à leur style Art déco affirmé. Les encadrements de fenêtres en béton moulé et les balcons filants sont caractéristiques de cette période.
Extension vers Asnières (optionnelle). Si vous disposez d’une demi-journée, prenez le tramway T1 jusqu’à la station Les Courtilles puis le métro jusqu’à Asnières-Gennevilliers. De là, 15 minutes de marche suffisent pour atteindre le groupe HBM de la rue Henri-Poincaré. Le retour peut se faire par le bord de Seine, en longeant le port de Gennevilliers.
Pour une pause déjeuner, consultez les bonnes adresses de restaurants à Gennevilliers. Le marché, si vous passez un jour de marché, vaut aussi le détour : retrouvez les horaires et emplacements des marchés de Gennevilliers.
Tableau comparatif des principales cités ouvrières
J’ai rassemblé dans ce tableau les informations essentielles sur les principaux ensembles HBM et cités ouvrières que vous pouvez visiter dans les Hauts-de-Seine nord. Les données proviennent de mes relevés de terrain, croisés avec les archives départementales et les publications de l’Inventaire général du patrimoine.
| Ensemble | Commune | Date de construction | Nombre de logements (origine) | Architecte(s) | Style dominant | État actuel |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Cité-jardins Henri-Sellier | Gennevilliers | 1923-1933 | ~1 700 | Dumail, Bertrand | Cité-jardins, brique et meulière | Partiellement réhabilité |
| Groupe HBM Poincaré | Asnières-sur-Seine | 1928-1931 | ~320 | Bassompierre, de Rutté | Brique rouge, céramique vernissée | Bon état, façades restaurées |
| Cité Leuropolis (Luropolis) | Asnières-sur-Seine | 1912 | ~60 maisons | Non identifié | Pavillonnaire, meulière | Variable selon les parcelles |
| HBM Petite-Garenne | Colombes | 1925-1934 | ~600 | Germain Dorel | Brique, portiques Art déco | Réhabilitation en cours |
| Cité ouvrière Jean-Jaurès | Villeneuve-la-Garenne | Années 1930 | ~80 | Non identifié | Pavillonnaire, brique bicolore | Partiellement transformé |
| Groupe HBM Gabriel-Péri | Gennevilliers | 1931-1936 | ~250 | Dumail | Art déco, béton et brique | Habité, peu modifié |
| HBM avenue des Grésillons | Gennevilliers | 1929-1932 | ~180 | Bertrand | Brique, ferronneries Art déco | Bon état général |

Informations pratiques : accès, horaires et conseils
Toutes les cités ouvrières et ensembles HBM présentés dans cet article se visitent librement depuis l’espace public, toute l’année et gratuitement. Les immeubles sont habités ; je vous demande de respecter la tranquillité des résidents et de ne pas pénétrer dans les halls d’entrée ou les cours intérieures sans y être invité.
Accès en transports en commun : le point de départ le plus pratique est la station Les Courtilles (terminus de la ligne 13 du métro), qui dessert directement la cité-jardins de Gennevilliers. Pour les ensembles d’Asnières, la station Gabriel-Péri (ligne 13) est la plus proche. Le tramway T1 (arrêt Les Courtilles ou Gennevilliers) constitue une alternative utile pour relier les différents sites. Depuis le centre de Paris, comptez environ 30 à 40 minutes de trajet.
Accès en voiture : le stationnement est possible dans les rues environnantes, généralement gratuit en dehors des zones réglementées du centre-ville d’Asnières. Le parking du parc des Chanteraines offre une solution de repli confortable et gratuite.
Visites guidées : des visites commentées sont proposées lors des Journées européennes du Patrimoine (troisième week-end de septembre), organisées par les services culturels des mairies concernées. Hors saison, le service patrimoine de Gennevilliers programme ponctuellement des visites thématiques, généralement au tarif de 5 à 8 € par personne (gratuit pour les moins de 12 ans). Je recommande de consulter le site de la mairie de Gennevilliers quelques semaines avant votre visite pour vérifier les dates.
Meilleures périodes : le printemps (avril-mai) et l’automne (septembre-octobre) offrent la lumière la plus flatteuse pour les façades en brique. Évitez le plein été, quand la végétation luxuriante masque une partie des détails architecturaux. Les jours de pluie fine sont paradoxalement intéressants : la brique mouillée révèle des nuances de couleur invisibles par temps sec.
Équipement recommandé : des chaussures confortables, un appareil photo (les façades sont très photogéniques en lumière rasante du matin), et éventuellement des jumelles pour observer les détails décoratifs en hauteur. Si vous venez avec des enfants, les sorties en famille autour de Gennevilliers offrent de nombreuses possibilités de combiner culture et détente.
Patrimoine vivant : enjeux de préservation et réhabilitation
Les cités ouvrières et ensembles HBM des Hauts-de-Seine nord ne sont pas des monuments figés : ce sont des quartiers habités, en constante évolution. Cette dimension vivante est à la fois leur force et leur fragilité.
Depuis les années 2000, plusieurs programmes de réhabilitation thermique ont été engagés sur ces ensembles. L’enjeu est considérable : comment améliorer le confort des logements et réduire leur consommation énergétique sans dénaturer des façades qui ont près d’un siècle ? À Gennevilliers, la réhabilitation de la cité-jardins a fait l’objet de débats intenses entre partisans d’une isolation par l’extérieur (plus efficace mais destructrice pour les façades) et défenseurs d’une approche plus respectueuse du patrimoine.
La question de la protection patrimoniale est centrale. À ce jour, aucun des ensembles HBM des Hauts-de-Seine nord n’est classé Monument historique. Certains bénéficient d’une inscription à l’Inventaire général du patrimoine culturel, ce qui ne leur confère aucune protection juridique contraignante. Des associations locales militent pour une meilleure reconnaissance de ce patrimoine, notamment le label « Patrimoine du XXe siècle » (devenu « Architecture contemporaine remarquable ») attribué par le ministère de la Culture.
J’ai constaté lors de mes visites récentes que certaines céramiques vernissées commencent à se détacher sur les immeubles d’Asnières. D’autres éléments décoratifs, comme les ferronneries des balcons, sont parfois remplacés par des garde-corps métalliques standards lors de travaux de maintenance. Chaque élément perdu est irremplaçable : ces décors étaient fabriqués sur mesure par des artisans spécialisés qui n’existent plus.
Il existe cependant des signes encourageants. L’Office public de l’habitat de Gennevilliers a lancé un programme de restauration des façades les plus dégradées de la cité-jardins, avec un cahier des charges qui impose le respect des matériaux et des coloris d’origine. À Colombes, la réhabilitation du groupe de la Petite-Garenne intègre la conservation des portiques sculptés Art déco. Ces initiatives montrent qu’il est possible de concilier amélioration du confort et respect du patrimoine.
Pour approfondir le contexte industriel qui a engendré ces cités, je vous invite à découvrir l’histoire du port de Gennevilliers, dont l’activité a directement alimenté la croissance démographique du territoire. Et pour une perspective culturelle contemporaine sur ce quartier, le Théâtre de Gennevilliers (T2G), Centre dramatique national, programme régulièrement des créations qui interrogent l’histoire ouvrière et la mémoire des quartiers.
À retenir
- Commencez votre visite par la station Les Courtilles (ligne 13), point de départ idéal pour la cité-jardins de Gennevilliers
- Repérez les céramiques vernissées et les ferronneries Art déco sur les façades ; ce sont les éléments les plus fragiles et les plus remarquables du patrimoine HBM
- Privilégiez une visite au printemps ou en automne, en lumière rasante du matin, pour apprécier pleinement les nuances de la brique polychrome
- Consultez le site de la mairie de Gennevilliers avant votre déplacement pour vérifier les dates des visites guidées ponctuelles (5 à 8 € par personne)
- Respectez la tranquillité des résidents : ces cités sont des quartiers habités, pas des musées en plein air
Questions fréquentes
Peut-on visiter l’intérieur des logements HBM historiques des Hauts-de-Seine nord ?
Non, les logements sont habités et ne se visitent pas en temps normal. Lors des Journées européennes du Patrimoine, il arrive que des résidents volontaires ouvrent leur porte, mais cela reste exceptionnel. La visite se fait depuis l’espace public, où l’essentiel du patrimoine architectural (façades, décors, ferronneries, aménagements paysagers) est parfaitement visible.
Aucun ensemble HBM des Hauts-de-Seine nord ne bénéficie actuellement d’un classement ou d’une inscription au titre des Monuments historiques. Certains éléments figurent à l’Inventaire général du patrimoine culturel, et des démarches sont en cours pour obtenir le label « Architecture contemporaine remarquable » pour la cité-jardins de Gennevilliers. Cette absence de protection juridique forte rend la vigilance des habitants et des associations d’autant plus importante.Les cités ouvrières de Gennevilliers sont-elles classées Monuments historiques ?
Comptez environ 2 h 30 à 3 h de marche pour le circuit principal à Gennevilliers, qui couvre la cité-jardins Henri-Sellier et les groupes HBM environnants. Si vous souhaitez inclure les ensembles d’Asnières et de Colombes, prévoyez une demi-journée complète. À vélo, l’ensemble du parcours se fait en 2 à 3 heures, pauses photos comprises.Combien de temps faut-il pour visiter les principales cités ouvrières des Hauts-de-Seine nord ?
La cité-jardins est un concept urbanistique global inspiré du mouvement anglais des garden cities : elle intègre logements, équipements collectifs, espaces verts et commerces dans un plan d’ensemble cohérent. Un groupe HBM désigne plus simplement un ensemble d’immeubles de logements sociaux, souvent construits sur un îlot urbain existant, sans la même ambition d’aménagement global. La cité-jardins de Gennevilliers est le seul véritable exemple de cité-jardins dans les Hauts-de-Seine nord ; les autres ensembles sont des groupes HBM.Quelle est la différence entre une cité-jardins et un groupe HBM ?
Le circuit de visite depuis l’espace public est majoritairement accessible : les trottoirs sont larges, les pentes faibles, et le revêtement est goudronné. La station Les Courtilles (ligne 13) est accessible aux fauteuils roulants. En revanche, certains passages pavés dans le vieux centre de Gennevilliers ou les cours intérieures des immeubles HBM peuvent poser des difficultés. Le tramway T1, entièrement accessible, permet de relier les différentes étapes du parcours sans effort.Les cités ouvrières sont-elles accessibles aux personnes à mobilité réduite ?
Oui, plusieurs ressources sont disponibles. La mairie de Gennevilliers propose un dépliant gratuit sur la cité-jardins, disponible à l’accueil de l’Hôtel de Ville. Le Comité départemental du tourisme des Hauts-de-Seine publie une brochure sur le patrimoine du XXe siècle qui inclut les HBM. Pour les passionnés, l’ouvrage de référence reste « Les cités-jardins d’Île-de-France » publié par la Région, qui consacre un chapitre entier à Gennevilliers. Enfin, le site de l’Inventaire général du patrimoine culturel permet de consulter en ligne les fiches descriptives de plusieurs ensembles.Existe-t-il des documents ou des guides pour approfondir la visite ?
Camille Besson est rédactrice indépendante, ancienne chroniqueuse du bulletin municipal de Gennevilliers. Native de la boucle de Seine nord-ouest, diplômée des Beaux-Arts et d un DEA de géographie urbaine, elle tient Le Carnet de la Boucle depuis plus de quinze ans. Patrimoine industriel, balades fluviales, tables locales et agenda culturel : tout ce qu un Parisien de passage ne verra jamais.