You are currently viewing Observer les oiseaux au bord de Seine à Gennevilliers : hérons, cormorans, aigrettes

Observer les oiseaux au bord de Seine à Gennevilliers : hérons, cormorans, aigrettes

Dans cet article

  • Les berges de Gennevilliers accueillent plus de 40 espèces d’oiseaux dont hérons cendrés, grands cormorans et aigrettes garzettes observables toute l’année
  • Le meilleur créneau d’observation se situe entre 6 h 30 et 9 h 00 le matin, quand les échassiers pêchent à marée basse fluviale
  • Le parc des Chanteraines à Villeneuve-la-Garenne, accessible en 15 minutes à vélo depuis le centre de Gennevilliers, abrite une héronnière de plusieurs dizaines de nids
  • L’équipement de base coûte entre 0 et 150 € : une paire de jumelles 8×42 d’entrée de gamme suffit pour débuter
  • Trois spots principaux jalonnent les 8 km de berges gennevilloises : la pointe aval du port, le quai du Moulin de Cage et la presqu’île face à l’Île-Saint-Denis
  • La LPO Île-de-France organise des sorties gratuites plusieurs fois par an sur ces secteurs, idéales pour apprendre à identifier les espèces

J’observe les oiseaux au bord de la Seine depuis une quinzaine d’années, et je reste toujours aussi étonnée par la richesse de l’avifaune à Gennevilliers. Il suffit de s’arrêter cinq minutes sur le quai du Moulin de Cage, tôt le matin, pour voir un héron cendré immobile dans l’eau trouble, un grand cormoran séchant ses ailes sur un pieu métallique ou une aigrette garzette rasant la surface du fleuve. La boucle nord de la Seine, coincée entre zones industrielles et quartiers résidentiels, cache un corridor écologique méconnu que je vous propose de découvrir dans ce guide complet.

Pourquoi la Seine à Gennevilliers attire les oiseaux

La Seine, dans sa traversée de la boucle nord entre Clichy et Épinay, dessine un méandre large qui ralentit le courant. Ce ralentissement naturel crée des zones de dépôt sédimentaire où se développent herbiers aquatiques et micro-organismes, base de la chaîne alimentaire pour les poissons, eux-mêmes proies des oiseaux piscivores. Le port autonome de Gennevilliers, malgré son activité logistique, a paradoxalement préservé des linéaires de berges non bétonnées sur plusieurs centaines de mètres, notamment côté aval.

Depuis les années 2000, la qualité de l’eau de la Seine s’est considérablement améliorée dans ce secteur. Selon les données de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, on recense aujourd’hui plus de 30 espèces de poissons dans la Seine francilienne, contre une dizaine dans les années 1970. Cette abondance attire naturellement les oiseaux pêcheurs. Les berges gennevilloises bénéficient aussi de la proximité du parc départemental des Chanteraines, véritable réservoir de biodiversité qui fonctionne comme un relais pour les espèces en déplacement le long du fleuve.

Le corridor fluvial joue un rôle essentiel dans la migration. Deux fois par an, au printemps et à l’automne, des espèces de passage empruntent la vallée de la Seine pour rejoindre leurs quartiers d’été ou d’hiver. Gennevilliers se trouve sur cet axe migratoire, ce qui explique que l’on y observe parfois des visiteurs inattendus : balbuzard pêcheur en transit, chevalier guignette posé sur un enrochement, ou martin-pêcheur filant comme une flèche bleue au ras de l’eau. Ces observations restent ponctuelles, mais les trois grandes espèces que je vais détailler sont, elles, présentes de façon permanente.

Grand cormoran séchant ses ailes sur un pieu de signalisation fluviale de la Seine
Grand cormoran séchant ses ailes sur un pieu de signalisation fluviale de la Seine

Les espèces phares : hérons, cormorans, aigrettes

Le héron cendré (Ardea cinerea) est sans doute le plus facile à repérer grâce à sa grande taille, environ 95 cm de haut, et sa silhouette grise caractéristique. Je le croise presque à chaque sortie sur les berges, souvent immobile au bord de l’eau, le cou rentré dans les épaules. Il pêche à l’affût, attendant qu’un gardon ou une ablette passe à portée de son bec jaune en forme de poignard. À Gennevilliers, les hérons cendrés nichent principalement au parc des Chanteraines, mais ils viennent pêcher sur les berges de Seine tout au long de la journée. On les repère facilement en vol grâce à leur envergure imposante de 1,75 m à 1,95 m et leur cou replié en S.

Le grand cormoran (Phalacrocorax carbo) est l’autre figure emblématique du fleuve dans la boucle. Cet oiseau noir au reflet verdâtre plonge sous l’eau pour chasser le poisson, parfois pendant 30 à 45 secondes. Après chaque séance de pêche, il adopte sa posture caractéristique : ailes déployées face au vent pour sécher son plumage, car contrairement à celui des canards, il n’est pas imperméable. J’en compte régulièrement entre 5 et 15 individus sur le tronçon entre le pont de l’Île-Saint-Denis et le port de Gennevilliers, perchés sur les pieux de signalisation fluviale ou posés sur les enrochements.

L’aigrette garzette (Egretta garzetta) est arrivée plus récemment dans le paysage francilien. Ce petit héron entièrement blanc, aux pattes noires et aux doigts jaunes, a progressé vers le nord depuis les années 1990. Je l’observe désormais régulièrement à Gennevilliers, surtout entre avril et octobre. Elle est plus discrète que le héron cendré et se tient souvent dans les zones de végétation basse en bordure de fleuve. Sa taille plus modeste, environ 55 à 65 cm, la rend moins visible au premier coup d’œil, mais une fois repérée, son plumage immaculé est un spectacle magnifique dans la lumière du matin.

D’autres espèces complètent ce tableau : la gallinule poule d’eau au bec rouge et jaune, le canard colvert omniprésent, la foulque macroule reconnaissable à son front blanc, la bergeronnette des ruisseaux qui trotte sur les enrochements, et parfois le grèbe castagneux qui plonge dans les zones calmes. La diversité est réelle, même si elle demande un œil attentif pour être appréciée.

Trois spots incontournables sur les berges

J’ai arpenté les 8 km de berges de Gennevilliers des dizaines de fois. Trois secteurs se distinguent nettement pour l’observation ornithologique.

Le quai du Moulin de Cage, situé en amont du pont routier d’Épinay, offre le meilleur compromis entre accessibilité et tranquillité. Un chemin piéton longe la berge sur environ 800 m, bordé de quelques arbres qui servent de postes d’observation. Les hérons cendrés y pêchent régulièrement dans les hauts-fonds créés par un léger élargissement du fleuve. Le matin, quand le soleil se lève derrière Épinay, la lumière est idéale pour la photographie. L’accès se fait depuis le tramway T1, arrêt Les Courtilles, puis dix minutes de marche vers le nord.

La pointe aval du port autonome constitue un spot plus sauvage. Le port de Gennevilliers, premier port fluvial d’Île-de-France, possède des rives moins fréquentées par les promeneurs, ce qui profite aux oiseaux. La zone située entre l’extrémité du bassin 2 et la sortie vers la Seine est particulièrement intéressante : les cormorans s’y rassemblent souvent sur les structures métalliques et les quais désaffectés. L’accès est moins évident ; je recommande de longer le boulevard du Port côté sud, puis de rejoindre le chemin de halage. Comptez 20 minutes à pied depuis le RER C, gare de Gennevilliers.

La presqu’île face à l’Île-Saint-Denis, en aval, est le troisième secteur que je fréquente. Depuis la promenade aménagée le long du quai d’Asnières, on bénéficie d’une vue dégagée sur le bras de Seine qui sépare Gennevilliers de l’Île-Saint-Denis. Ce bras, plus étroit et moins navigué que le bras principal, abrite des aigrettes garzettes qui apprécient ses eaux plus calmes. Des bancs permettent de s’installer confortablement avec des jumelles. En prolongeant la balade, on rejoint les coulées vertes de la boucle nord, ce qui permet de combiner ornithologie et promenade nature.

Spot d’observation Espèces principales Accès transport Niveau de fréquentation Meilleur moment
Quai du Moulin de Cage Héron cendré, bergeronnette T1 Les Courtilles + 10 min à pied Modéré Matin, lever du soleil
Pointe aval du port Grand cormoran, foulque RER C Gennevilliers + 20 min à pied Faible Toute la journée
Presqu’île / Île-Saint-Denis Aigrette garzette, poule d’eau Métro 13 Les Agnettes + 15 min à pied Modéré à élevé le week-end Fin d’après-midi
Parc des Chanteraines (Villeneuve-la-Garenne) Héron, grèbe, canard, cygne T1 Chemin des Reniers Élevé (parc public) Matin en semaine

Aigrette garzette dans les eaux peu profondes du parc des Chanteraines
Aigrette garzette dans les eaux peu profondes du parc des Chanteraines

Le parc des Chanteraines : réserve ornithologique voisine

Impossible de parler d’ornithologie dans la boucle de Seine sans évoquer le parc départemental des Chanteraines, à cheval entre Gennevilliers et Villeneuve-la-Garenne. Avec ses 82 hectares, dont un lac principal et plusieurs mares, ce parc est le véritable poumon ornithologique du secteur. J’y ai recensé personnellement plus de 35 espèces d’oiseaux au fil des saisons, des plus communes (mésange charbonnière, merle noir, pinson des arbres) aux plus surprenantes (martin-pêcheur d’Europe, épervier d’Europe, faucon crécerelle).

La héronnière du parc est le joyau du lieu. Installée dans les grands arbres de l’île centrale du lac, elle accueille chaque année entre février et juillet des hérons cendrés nicheurs. Observer ces grands oiseaux construire leurs nids, couver leurs œufs puis nourrir leurs poussins est un spectacle fascinant, accessible depuis la berge avec une simple paire de jumelles. Les aigrettes garzettes commencent également à nicher à proximité, signe que la colonie se diversifie.

Le parc des Chanteraines est accessible en 15 minutes à vélo depuis le centre de Gennevilliers, via la piste cyclable du boulevard Pierre de Coubertin. Pour ceux qui préfèrent les transports en commun, le tramway T1 dessert l’arrêt Chemin des Reniers, juste à l’entrée sud. L’entrée est gratuite, le parc est ouvert tous les jours. Je recommande d’y aller en semaine, tôt le matin, pour éviter les joggers et les familles qui, le week-end, effraient les oiseaux les plus farouches. Les personnes souhaitant explorer davantage la boucle à vélo pourront consulter l’itinéraire complet du tour de la boucle de Seine que j’ai détaillé dans un autre article.

Quand et comment observer : conseils pratiques

L’observation des oiseaux au bord de la Seine obéit à quelques règles simples que j’applique systématiquement. La première est de privilégier le matin. Entre 6 h 30 et 9 h 00, les oiseaux sont les plus actifs : ils pêchent, chantent, défendent leur territoire. La lumière rasante du matin est aussi un avantage pour les repérer et, le cas échéant, les photographier. Le soir, entre 17 h et le coucher du soleil, constitue un second créneau intéressant, surtout en été quand les journées sont longues.

La discrétion est la deuxième règle d’or. Les hérons et les aigrettes sont des oiseaux méfiants qui s’envolent dès qu’on approche trop vite ou trop bruyamment. Je recommande de marcher lentement, d’éviter les gestes brusques et de porter des vêtements de couleur neutre (vert olive, gris, marron). Sur les berges de Gennevilliers, il n’y a pas d’affûts aménagés comme dans les réserves naturelles ; il faut donc compter sur sa propre discrétion et utiliser les arbres ou les murets comme écrans naturels.

Le troisième conseil concerne la patience. L’ornithologie n’est pas une activité de vitesse. Je m’installe souvent sur un banc ou un muret pendant 20 à 30 minutes sans bouger, et c’est là que les oiseaux se rapprochent. J’ai vécu certaines de mes plus belles observations en restant simplement immobile au bord de l’eau, quand un héron cendré est venu pêcher à moins de dix mètres de moi. Pour les familles avec enfants, le parc des Chanteraines est plus adapté car les oiseaux y sont habitués à la présence humaine et se laissent approcher plus facilement.

Enfin, pensez à consulter la météo avant de sortir. Un temps calme, sans vent ni pluie forte, est nettement préférable. Les oiseaux sont plus visibles quand le fleuve est lisse, et l’absence de vent facilite l’utilisation des jumelles. Les jours de grand vent, les oiseaux se réfugient dans les zones abritées du parc des Chanteraines plutôt que sur les berges exposées de la Seine.

Équipement et budget pour débuter

L’observation des oiseaux est l’une des activités nature les moins coûteuses qui soient. On peut tout à fait commencer à l’œil nu, en apprenant simplement à repérer les silhouettes et les comportements. Mais pour identifier les espèces avec certitude et profiter pleinement des détails du plumage, une paire de jumelles est vite indispensable.

Pour les débutants, je recommande des jumelles 8×42 ou 10×42. Le premier chiffre correspond au grossissement (8 ou 10 fois), le second au diamètre de l’objectif en millimètres, qui détermine la luminosité. Les 8×42 offrent un champ de vision plus large et sont plus faciles à stabiliser ; les 10×42 grossissent davantage mais demandent une main plus sûre. En entrée de gamme, des marques comme Nikon Aculon, Bushnell ou Olympus proposent des modèles fiables entre 80 et 150 €. Pour les ornithologues plus avancés, les gammes Swarovski, Zeiss ou Leica montent entre 500 et 2 500 €, mais c’est un investissement que je ne conseille qu’après plusieurs mois de pratique régulière.

Un guide d’identification est le second outil essentiel. Le « Guide ornitho » de Svensson, Mullarney et Zetterström, publié chez Delachaux et Niestlé, reste la référence absolue en Europe avec plus de 900 espèces illustrées. Il coûte environ 35 € en librairie. Pour ceux qui préfèrent le numérique, l’application Merlin Bird ID du Cornell Lab of Ornithology est gratuite et permet d’identifier les oiseaux par photo ou par chant ; elle fonctionne très bien sur les espèces franciliennes.

Pour la photographie, un smartphone récent avec un bon zoom numérique permet déjà de garder un souvenir, mais pour des clichés de qualité, il faut un appareil photo avec un téléobjectif d’au moins 300 mm. Un boîtier reflex ou hybride d’occasion avec un 70-300 mm se trouve autour de 400 à 600 €. Si vous souhaitez compléter votre sortie par une balade en kayak sur la Seine, sachez que l’observation depuis l’eau offre un point de vue unique sur les oiseaux posés sur les berges, mais exige un étui étanche pour le matériel optique.

Observation ornithologique depuis le chemin de halage le long de la Seine à Gennevilliers
Observation ornithologique depuis le chemin de halage le long de la Seine à Gennevilliers

Calendrier des observations mois par mois

L’un des plaisirs de l’ornithologie est que chaque saison réserve des surprises. Voici le calendrier que j’ai constitué au fil de mes sorties sur les berges de Gennevilliers et au parc des Chanteraines.

Janvier et février : les grands cormorans sont présents en nombre, profitant des bancs de poissons qui se regroupent dans les eaux froides. Les hérons cendrés commencent à occuper la héronnière des Chanteraines dès la mi-février, réparant les vieux nids ou en construisant de nouveaux. C’est aussi la période où l’on peut observer des mouettes rieuses en grand nombre sur le fleuve.

Mars à mai : la saison de nidification bat son plein. Les hérons couvent, les aigrettes reviennent de leurs quartiers d’hiver plus au sud, les passereaux chantent à tue-tête. C’est la période la plus riche pour l’observation, avec le maximum d’espèces présentes simultanément. Les migrateurs de passage, comme le chevalier guignette ou la sterne pierregarin, font parfois halte sur les berges gennevilloises.

Juin à août : les jeunes hérons et cormorans prennent leur envol. On les reconnaît à leur plumage plus terne et à leur comportement maladroit. Les berges sont plus fréquentées par les promeneurs en été, ce qui pousse les oiseaux vers les zones les moins accessibles. Je privilégie alors les sorties très matinales, avant 7 h 00, ou en fin de journée. La végétation dense complique un peu l’observation mais offre de belles ambiances pour la photographie.

Septembre à novembre : la migration d’automne amène son lot de visiteurs. J’ai déjà observé un balbuzard pêcheur en transit au-dessus du port de Gennevilliers en octobre, un spectacle rare en milieu urbain. Les feuilles qui tombent dégagent progressivement la visibilité sur les berges et les arbres de la héronnière. Les canards hivernants, comme le fuligule morillon, commencent à arriver sur le lac des Chanteraines dès fin novembre.

Décembre : le fleuve est plus calme, les observations moins variées mais la lumière d’hiver est magnifique. Les cormorans et les hérons restent fidèles au poste. C’est un bon mois pour s’initier car le feuillage absent facilite le repérage et les oiseaux sédentaires sont peu nombreux, ce qui simplifie l’identification.

Sorties guidées et ressources ornithologiques

Pour ceux qui souhaitent être accompagnés dans leurs premières observations, plusieurs options existent dans la boucle de Seine. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Île-de-France organise régulièrement des sorties ornithologiques gratuites dans les parcs et espaces naturels de la petite couronne, dont le parc des Chanteraines. Ces sorties, encadrées par des bénévoles passionnés et compétents, durent en général deux à trois heures et sont ouvertes à tous, sans inscription préalable pour la plupart. Je les recommande vivement aux débutants : on apprend en une matinée ce qu’il faut des mois pour assimiler seul.

Le département des Hauts-de-Seine propose également des animations nature dans ses parcs départementaux, dont les Chanteraines. Le programme est publié chaque trimestre sur le site du conseil départemental. Les ateliers « oiseaux des parcs » sont spécialement conçus pour les familles et incluent souvent le prêt de jumelles et de guides. Ces animations sont généralement gratuites, sur réservation.

En ligne, la base de données collaborative Faune Île-de-France (faune-iledefrance.org) permet de consulter les observations récentes dans n’importe quel secteur. J’y contribue régulièrement en saisissant mes propres relevés sur les berges de Gennevilliers. C’est un outil précieux pour savoir quelles espèces ont été vues récemment et adapter ses sorties en conséquence. L’application mobile NaturaList permet de saisir ses observations directement sur le terrain, avec géolocalisation.

Pour approfondir la connaissance de l’avifaune locale, l’atlas des oiseaux nicheurs du Muséum national d’histoire naturelle constitue une référence scientifique solide. Ce programme participatif cartographie la répartition des espèces nicheuses en France, et les données concernant la boucle de Seine confirment la progression de l’aigrette garzette et la stabilité des populations de hérons cendrés dans le secteur. Pour ceux qui aiment combiner leurs sorties ornithologiques avec d’autres découvertes, les jardins familiaux des Hauts-de-Seine abritent aussi une faune intéressante, notamment des passereaux et des insectes pollinisateurs.

Protéger les oiseaux : gestes et réglementation

Observer les oiseaux implique aussi de les respecter. Quelques règles simples permettent de pratiquer cette activité sans perturber la faune. La première est de ne jamais approcher un nid, surtout en période de reproduction (mars à juillet). Un dérangement répété peut provoquer l’abandon de la couvée. Sur les berges de Gennevilliers, les nids sont principalement situés dans les arbres du parc des Chanteraines et restent hors de portée, mais il arrive que des poules d’eau nichent dans la végétation basse au bord de l’eau : restez sur les chemins balisés.

Il est interdit de nourrir les oiseaux sauvages avec du pain, des biscuits ou tout autre aliment transformé. Le pain, en particulier, provoque des problèmes digestifs et pollue l’eau. Si vous souhaitez aider les oiseaux, la meilleure action est de participer aux comptages citoyens organisés par la LPO, comme le comptage national des oiseaux des jardins qui a lieu chaque année en janvier et en mai. Vos données contribuent à suivre l’évolution des populations et à orienter les politiques de conservation.

La réglementation protège strictement toutes les espèces d’oiseaux sauvages en France. Selon l’article L411-1 du Code de l’environnement, il est interdit de détruire, capturer ou perturber intentionnellement les oiseaux sauvages, leurs nids et leurs œufs. Les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 150 000 € et trois ans d’emprisonnement. Cette protection s’applique aussi bien aux hérons cendrés qu’aux moineaux domestiques.

Enfin, si vous promenez un chien, gardez-le en laisse à proximité des zones de nidification et des berges fréquentées par les oiseaux. Un chien en liberté peut provoquer un envol de panique qui épuise les oiseaux et les éloigne durablement d’un site favorable. Le parc des Chanteraines impose d’ailleurs la laisse sur l’ensemble de ses espaces. Ces précautions sont indispensables pour préserver cet écosystème urbain fragile que nous avons la chance d’avoir dans la boucle de Seine. La piste cyclable de la boucle permet d’ailleurs de relier les différents spots sans bruit de moteur, ce qui est un atout supplémentaire pour ne pas effrayer la faune.

À retenir

  • Privilégiez les créneaux 6 h 30 à 9 h 00 et portez des vêtements neutres pour maximiser vos chances d’observation sur les berges
  • Commencez par le quai du Moulin de Cage (T1 Les Courtilles) si vous débutez : hérons cendrés quasi garantis le matin
  • Investissez dans une paire de jumelles 8×42 entre 80 et 150 € et téléchargez l’application gratuite Merlin Bird ID pour identifier les espèces
  • Inscrivez-vous aux sorties gratuites de la LPO Île-de-France pour progresser rapidement et rencontrer d’autres passionnés
  • Ne nourrissez jamais les oiseaux avec du pain et restez sur les chemins pour ne pas déranger les zones de nidification

Questions fréquentes


Quelle est la meilleure heure pour observer les oiseaux au bord de la Seine à Gennevilliers ?

Le créneau le plus favorable se situe entre 6 h 30 et 9 h 00 le matin, quand les hérons cendrés, les cormorans et les aigrettes sont les plus actifs pour pêcher. La fin d’après-midi, entre 17 h et le coucher du soleil, offre un second créneau intéressant, notamment en été. Évitez les heures centrales de la journée où l’activité des oiseaux diminue et la fréquentation humaine des berges augmente.


Peut-on observer des oiseaux toute l’année sur les berges de Gennevilliers ?

Oui, les trois espèces emblématiques (héron cendré, grand cormoran, aigrette garzette) sont présentes une grande partie de l’année. Les cormorans et les hérons sont sédentaires et visibles en toutes saisons. Les aigrettes garzettes sont plus présentes d’avril à octobre. Le printemps (mars à mai) reste la période la plus riche en diversité, avec les migrateurs de passage et la nidification active au parc des Chanteraines.


Le parc des Chanteraines est-il accessible gratuitement pour l’observation des oiseaux ?

Le parc départemental des Chanteraines est entièrement gratuit et ouvert tous les jours de l’année. L’entrée la plus pratique pour l’observation ornithologique se situe côté sud, accessible depuis l’arrêt Chemin des Reniers du tramway T1. Pour profiter des meilleures conditions, venez en semaine le matin : la fréquentation est faible et les oiseaux sont moins farouches.


Quel équipement faut-il pour débuter l’observation des oiseaux ?

Pour débuter, une paire de jumelles 8×42 d’entrée de gamme (entre 80 et 150 €) et un guide d’identification comme le « Guide ornitho » de Svensson (environ 35 €) suffisent. L’application gratuite Merlin Bird ID permet aussi d’identifier les oiseaux par photo ou par chant. Portez des vêtements de couleur neutre (vert olive, gris, marron) et des chaussures confortables pour les berges parfois boueuses.


Existe-t-il des sorties guidées pour observer les oiseaux dans la boucle de Seine ?

La LPO Île-de-France organise plusieurs fois par an des sorties ornithologiques gratuites dans les parcs de la petite couronne, dont le parc des Chanteraines. Le département des Hauts-de-Seine propose également des animations nature trimestrielles avec prêt de jumelles. Consultez le site de la LPO Île-de-France et le programme des parcs départementaux des Hauts-de-Seine pour connaître les prochaines dates.


Quelles autres espèces d’oiseaux peut-on voir en dehors des hérons, cormorans et aigrettes ?

Les berges de Gennevilliers et le parc des Chanteraines accueillent aussi le martin-pêcheur d’Europe, la gallinule poule d’eau, la foulque macroule, le canard colvert, la bergeronnette des ruisseaux, le grèbe castagneux et diverses espèces de mouettes. En période de migration (mars-mai et septembre-novembre), on peut observer des espèces de passage comme le chevalier guignette, la sterne pierregarin ou exceptionnellement le balbuzard pêcheur.


Camille Besson
Camille Besson

Camille Besson est rédactrice indépendante, ancienne chroniqueuse du bulletin municipal de Gennevilliers. Native de la boucle de Seine nord-ouest, diplômée des Beaux-Arts et d un DEA de géographie urbaine, elle tient Le Carnet de la Boucle depuis plus de quinze ans. Patrimoine industriel, balades fluviales, tables locales et agenda culturel : tout ce qu un Parisien de passage ne verra jamais.

Camille Besson

Camille Besson est rédactrice indépendante, ancienne chroniqueuse du bulletin municipal de Gennevilliers. Native de la boucle de Seine nord-ouest, diplômée des Beaux-Arts et d un DEA de géographie urbaine, elle tient Le Carnet de la Boucle depuis plus de quinze ans. Patrimoine industriel, balades fluviales, tables locales et agenda culturel : tout ce qu un Parisien de passage ne verra jamais.